ECONOMIE / SIA 2026 : Le MIRAH dévoile sa feuille de route — l’élevage ivoirien, nouveau front stratégique pour attirer les investisseurs.
ECONOMIE / SIA 2026 : Le MIRAH dévoile sa feuille de route — l’élevage ivoirien, nouveau front stratégique pour attirer les investisseurs.
Un documentaire de Agence Presse Audio
En marge de la 62ᵉ édition du Salon international de l’agriculture de Paris (SIA 2026), la Côte d’Ivoire n’est pas venue faire de la figuration. Elle est venue avec une ambition claire : transformer son élevage en véritable levier d’investissement et de souveraineté alimentaire.
Un documentaire de
Agence Presse Audio
Mise en ligne
25 Février 2026
Réalisation
Agence Presse Audio
Mise en onde & mix
Agence Presse Audio
Illustration
Agence Presse Audio
Production
Agence Presse Audio
En marge de la 62ᵉ édition du Salon international de l’agriculture de Paris (SIA 2026), la Côte d’Ivoire n’est pas venue faire de la figuration. Elle est venue avec une ambition claire : transformer son élevage en véritable levier d’investissement et de souveraineté alimentaire. Le lundi 23 février 2026, le ministère des Ressources animales et halieutiques (MIRAH) a ainsi frappé fort avec une masterclass stratégique intitulée « Créativités et innovations pour la rentabilité des exploitations d’élevage », animée par Koné Songuida, coordonnateur du projet PRO-BOVINE. Une rencontre technique, mais surtout hautement politique dans sa portée économique, inscrite dans la vision du ministre Sidi Tiémoko Touré : repositionner durablement la filière animale au cœur de la transformation structurelle du secteur agricole ivoirien.
D’entrée, le diagnostic posé est sans équivoque. En 2024, l’agriculture représente 14,8 % du PIB ivoirien, mais l’élevage ne contribue qu’à 1 % du PIB total et 6,7 % du PIB agricole. Un déséquilibre structurel qui se traduit par une dépendance alimentaire préoccupante : 51 % de la viande consommée est importée, et le taux atteint un spectaculaire 87 % pour le lait et ses dérivés. Autrement dit, le potentiel local existe, mais il reste largement sous-exploité.
Pourtant, les atouts du pays sont réels et stratégiques : un cheptel bovin significatif, une aviculture en pleine expansion, des effectifs solides en ovins, caprins et porcins, sans oublier des ressources pastorales disponibles et un marché intérieur en forte croissance, porté par une population jeune et une urbanisation rapide. Un cocktail qui, selon les experts du MIRAH, constitue un terrain fertile pour des investissements à fort rendement. Mais la masterclass n’a pas occulté les zones d’ombre.
Faibles performances génétiques, déficit de technicité, maladies épizootiques, coût élevé de l’alimentation animale, pression foncière et faible structuration des circuits commerciaux : ces contraintes alimentent un cercle vicieux de faibles rendements, de sous-productivité et de frilosité des investisseurs. Face à ces défis, l’innovation s’impose comme le pivot de la nouvelle stratégie. Amélioration génétique, optimisation des rations alimentaires, renforcement de la biosécurité, digitalisation des services vétérinaires, traçabilité des produits et structuration des chaînes de valeur : la feuille de route esquissée dessine un écosystème d’investissement complet, allant de la production fourragère à la transformation, en passant par la logistique et les équipements d’élevage.
Au-delà d’une simple vitrine institutionnelle, cette initiative positionne l’élevage comme un secteur à fort potentiel de rentabilité économique et d’impact social. Car derrière les chiffres, l’enjeu est double : réduire la facture des importations alimentaires tout en créant des emplois durables en zones rurales. Pays invité d’honneur du SIA 2026, la Côte d’Ivoire entend ainsi envoyer un signal clair aux partenaires et aux investisseurs internationaux : l’or blanc et le cacao ne seront plus les seuls piliers de sa croissance. À l’ère de la souveraineté alimentaire, l’élevage ivoirien aspire désormais à devenir un moteur stratégique de développement, capable de nourrir la nation… et d’attirer les capitaux.
Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN



0 Commentaire(s)