Trafic d’êtres humains au Kenya : l’ombre du front ukrainien.

Trafic d’êtres humains au Kenya : l’ombre du front ukrainien.

Trafic d’êtres humains au Kenya : l’ombre du front ukrainien.

Un documentaire de Agence Presse Audio


Le scandale des « mercenaires malgré eux » prend une tournure judiciaire majeure au Kenya. Jeudi 26 février 2026, Festus Omwamba a été inculpé par un tribunal antiterroriste de Nairobi pour trafic d’êtres humains. Arrêté à la frontière éthiopienne après une cavale, il est accusé d’avoir orchestré l’envoi de 25 kényans vers la Russie l’an dernier.

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27 Février 2026


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Le scandale des « mercenaires malgré eux » prend une tournure judiciaire majeure au Kenya. Jeudi 26 février 2026, Festus Omwamba a été inculpé par un tribunal antiterroriste de Nairobi pour trafic d’êtres humains. Arrêté à la frontière éthiopienne après une cavale, il est accusé d’avoir orchestré l’envoi de 25 kényans vers la Russie l’an dernier. L’arnaque était rodée : des promesses d’emplois qualifiés plombiers ou techniciens qui se transformaient, une fois sur place, en un déploiement forcé sur le front ukrainien. Selon les témoignages recueillis par l’Associated Press, les recrues voyaient leurs passeports confisqués dès leur arrivée avant d’être envoyées en zone de combat.

Un bilan humain alarmant

Les chiffres révélés par le gouvernement kényan soulignent l’ampleur du réseau : Plus de 1 000 Kényans auraient été recrutés pour le compte de Moscou. 89 hommes seraient toujours en première ligne, tandis que 28 sont portés disparus. 39 blessés sont actuellement hospitalisés en Russie. Un rapport parlementaire pointe une collaboration trouble entre des agences de recrutement « sans scrupules » et certains officiels. Si l’ambassade de Russie à Nairobi nie toute implication directe dans la délivrance de visas militaires, elle rappelle néanmoins que rien n’empêche l’enrôlement « volontaire » d’étrangers.

Une offensive diplomatique

Face à la colère des familles, le ministre des Affaires étrangères, Musalia Mudavadi, a annoncé un déplacement à Moscou pour démanteler ces filières. Le Kenya n’est pas un cas isolé : l’Ukraine affirme avoir identifié 1 780 ressortissants de 36 pays africains dans les rangs russes, poussant le Ghana et l’Afrique du Sud à réclamer, eux aussi, des rapatriements d’urgence. L’arrestation d’Omwamba marque une étape cruciale pour Nairobi dans sa tentative de briser ce pipeline humain vers la guerre.

Texte et récit : Silvère Bossiei