MUSIQUE / Sonny Rollins s’éteint à 95 ans : le dernier souffle d’un géant qui a défié l’éternité.

MUSIQUE / Sonny Rollins s’éteint à 95 ans : le dernier souffle d’un géant qui a défié l’éternité.

MUSIQUE / Sonny Rollins s’éteint à 95 ans : le dernier souffle d’un géant qui a défié l’éternité.

Un documentaire de Agence Presse Audio


Le monde du jazz perd une colonne vertébrale. Le saxophoniste américain Sonny Rollins est décédé le 25 mai 2026 à l’âge de 95 ans, laissant derrière lui une empreinte aussi monumentale que son surnom de « Saxophone Colossus ». Une disparition qui referme un chapitre essentiel de l’âge d’or du jazz.

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02 Juin 2026


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Le monde du jazz perd une colonne vertébrale. Le saxophoniste américain Sonny Rollins est décédé le 25 mai 2026 à l’âge de 95 ans, laissant derrière lui une empreinte aussi monumentale que son surnom de « Saxophone Colossus ». Une disparition qui referme un chapitre essentiel de l’âge d’or du jazz.

« Dès 5 ans, je savais quel musicien je serai », confiait-il. Une certitude devenue destin. Né le 7 septembre 1930 à New York, aux Etats-Unis, Theodore Walter Rollins grandit à Harlem, nourri par ses racines caribéennes et bercé par les rythmes du calypso. Très tôt, il s’impose dans le bouillonnement du be-bop aux côtés de figures mythiques comme Charlie Parker, Miles Davis ou encore John Coltrane.

Mais Sonny Rollins n’a jamais été un suiveur. Dès l’album Saxophone Colossus (1956), il impose un style : puissant, libre, imprévisible. À seulement 26 ans, il redéfinit les contours du solo jazz, privilégiant l’improvisation longue, presque méditative, et une narration musicale audacieuse.

Artiste en quête permanente, il n’hésite pas à disparaître des scènes pour mieux se réinventer. Sa retraite sous le pont de Williamsburg, à Brooklyn, est devenue légendaire. De cette introspection naîtra The Bridge (1962), symbole d’un retour apaisé mais toujours exigeant.

Son œuvre dépasse la musique. Avec « Freedom Suite (1958) », il dénonce les injustices raciales dans une Amérique fracturée, tandis que « Global Warning (1998) » alerte sur les dérives environnementales. Sans être militant, Rollins faisait de chaque note une prise de position. Respecté par ses pairs, admiré par les nouvelles générations, il traverse les époques sans jamais se figer. Même les ‘’The Rolling Stones’’ feront appel à lui pour Tattoo You (1981), preuve de son influence transversale.

Témoin des tragédies de son temps, notamment les Attentats du 11 septembre 2001, il transformera la douleur en musique lors d’un concert poignant immortalisé dans ‘’Without a Song: The 9/11 Concert’’. Jusqu’au bout, Sonny Rollins aura incarné une exigence rare : celle de rester fidèle à soi-même. Ni mode, ni compromis, seulement le souffle. Aujourd’hui, ce souffle s’est éteint. Mais dans chaque note de Saint Thomas, dans chaque vibration de ses solos, une certitude demeure : Sonny Rollins n’a pas seulement joué du jazz, il l’a respiré, façonné, transcendé. Et désormais, il résonne pour l’éternité.

Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN