CULTURE / "Paquinou Ayoka" : à Daloa, mémoire, développement et fierté baoulé au cœur d’une célébration pascale pas comme les autres.
CULTURE / "Paquinou Ayoka" : à Daloa, mémoire, développement et fierté baoulé au cœur d’une célébration pascale pas comme les autres.
Un documentaire de Agence Presse Audio
À l’occasion de la fête de Pâques célébrée le dimanche 5 avril 2026, les fidèles chrétiens du monde entier ont commémoré la résurrection de Jésus-Christ dans un élan de foi et d’espérance.
Un documentaire de
Agence Presse Audio
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07 Avril 2026
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À l’occasion de la fête de Pâques célébrée le dimanche 5 avril 2026, les fidèles chrétiens du monde entier ont commémoré la résurrection de Jésus-Christ dans un élan de foi et d’espérance. En Côte d’Ivoire, cette célébration a pris une dimension à la fois culturelle, historique et politique dans la région du Haut-Sassandra, précisément à Daloa. Le samedi 4 avril, le ministre de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique, Mamadou Touré, également président du Conseil régional du Haut-Sassandra, a donné le coup d’envoi des festivités de « Paquinou Ayoka » au Centre culturel de Daloa.
Mais derrière les chants, les retrouvailles et la ferveur populaire, c’est toute une page de l’histoire des migrations baoulé qui a été remise en lumière. Au cours d’un panel riche en enseignements, chefs traditionnels et leaders communautaires ont retracé les déplacements des peuples baoulé vers les zones forestières du Haut-Sassandra, à la faveur de l’essor de la culture du cacao. Une migration économique devenue, au fil du temps, un socle de cohabitation pacifique et de fraternité entre communautés.
L’enseignant-chercheur Daniel Kouassi, vice-doyen de l’UFR de sociologie de l’Université Lorougnon Guédé de Daloa, a apporté un éclairage précieux sur l’origine même de « Paquinou ». Selon lui, cette fête, qui signifie « Pâques » en langue baoulé, s’est progressivement imposée comme un moment stratégique de retour aux sources pour les planteurs partis faire fortune ailleurs. « C’est une période choisie pour régler les affaires communautaires, renforcer les liens sociaux et impulser des décisions collectives », a-t-il expliqué, loin des clichés réducteurs souvent associés à ces retrouvailles.
Mais cette édition de "Paquinou Ayoka n’a pas seulement célébré les racines" : elle a aussi mis en avant les fruits du développement. Dans un exercice de redevabilité salué par les populations, le Conseil régional a dévoilé un investissement global de plus de 1,2 milliard de FCFA en deux ans au profit des campements baoulé. Éducation, hydraulique, santé, électrification, voirie, aucun secteur n’a été laissé pour compte. Plus de 417 millions FCFA ont été injectés dans les infrastructures scolaires, 197 millions dans l’accès à l’eau potable, 159 millions dans la santé, tandis que des centaines de millions supplémentaires ont permis d’électrifier plusieurs localités et de désenclaver des zones rurales stratégiques.
Et l’ambition ne faiblit pas : une nouvelle enveloppe de plus de 1,2 milliard de FCFA est déjà annoncée pour les deux prochaines années. Face à une population mobilisée et reconnaissante, Mamadou Touré a réaffirmé sa volonté de poursuivre cette dynamique : « Nous sommes engagés à transformer durablement vos conditions de vie. Faites-nous confiance. » Dans une ambiance mêlant émotions, fierté identitaire et espoir, Paquinou Ayoka 2026 s’impose ainsi comme bien plus qu’une fête : un pont entre passé et avenir, où traditions et développement avancent désormais main dans la main.
Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN



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