CINÉMA / Clash à Cannes : Canal+ ferme la porte aux signataires anti-Bolloré, le ton monte dans le cinéma français.
CINÉMA / Clash à Cannes : Canal+ ferme la porte aux signataires anti-Bolloré, le ton monte dans le cinéma français.
Un documentaire de Agence Presse Audio
Le Festival de Cannes 2026 n’a pas seulement déroulé son tapis rouge : il a aussi exposé au grand jour une fracture profonde dans le cinéma français. Dimanche 17 mai 2026, en marge de l’événement, le président du directoire de Canal+, Maxime Saada, a jeté un pavé dans la mare en annonçant qu’il ne souhaitait plus collaborer avec les professionnels ayant signé la tribune « Zappons Bolloré ».
Un documentaire de
Agence Presse Audio
Mise en ligne
19 Mai 2026
Réalisation
Agence Presse Audio
Mise en onde & mix
Agence Presse Audio
Illustration
Agence Presse Audio
Production
Agence Presse Audio
Le Festival de Cannes 2026 n’a pas seulement déroulé son tapis rouge : il a aussi exposé au grand jour une fracture profonde dans le cinéma français. Dimanche 17 mai 2026, en marge de l’événement, le président du directoire de Canal+, Maxime Saada, a jeté un pavé dans la mare en annonçant qu’il ne souhaitait plus collaborer avec les professionnels ayant signé la tribune « Zappons Bolloré ».
Une déclaration choc visant près de 600 figures du secteur, parmi lesquelles Juliette Binoche, Swann Arlaud, Jean-Pascal Zadi ou encore Adèle Haenel. Publiée à l’ouverture du festival, cette tribune dénonce « l’emprise grandissante de l’extrême droite » dans le cinéma, pointant directement Vincent Bolloré, actionnaire de référence du groupe Canal+.
Visiblement piqué au vif, Maxime Saada dit avoir vécu cette prise de position comme une attaque frontale. « Je n’ai pas envie de travailler avec des gens qui me traitent de crypto-fasciste », a-t-il lâché, évoquant une ligne rouge désormais franchie. Une réaction qui s’explique aussi par l’accueil glacial, voire hostile, réservé au logo Canal+ lors de certaines projections, entre sifflets et insultes visant Bolloré.
Face à cette riposte, le président du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC), Gaëtan Bruel, a exprimé son regret dès le lendemain, appelant implicitement à apaiser les tensions. Car derrière cette polémique se joue une question cruciale : celle de l’indépendance du cinéma français face aux grandes puissances économiques.
Du côté des signataires, le discours se veut nuancé. Le réalisateur Arthur Harari insiste : « Ce n’est pas une attaque contre Canal+, qui reste un pilier du cinéma français. » Mais il alerte sur la concentration des pouvoirs, notamment avec le projet d’acquisition d’User generated content (UGC)par Canal+, et appelle l’État à jouer son rôle de régulateur.
Pour le collectif « Zappons Bolloré », la réaction de Canal+ ne fait que confirmer leurs craintes : celles d’une industrie sous pression, où la liberté de création pourrait se heurter à des logiques d’influence. Entre crispations idéologiques, enjeux économiques et bataille d’image, Cannes 2026 révèle un cinéma français à fleur de peau. Et une question désormais incontournable : jusqu’où peut aller le désaccord sans rompre définitivement le dialogue ?
Texte et récit : Marie-Paule N'GUESSAN



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