Actualité internationale : La Thaïlande dissout son Parlement en pleine crise frontalière.
Actualité internationale : La Thaïlande dissout son Parlement en pleine crise frontalière.
Un documentaire de Agence Presse Audio
Le Premier ministre thaïlandais, Anutin Charnvirakul, a surpris la classe politique comme les partenaires régionaux en annonçant, vendredi 12 décembre 2025, la dissolution du Parlement, moins de trois mois après son arrivée au pouvoir.
Un documentaire de
Agence Presse Audio
Mise en ligne
12 Décembre 2025
Réalisation
Agence Presse Audio
Mise en onde & mix
Agence Presse Audio
Illustration
Agence Presse Audio
Production
Agence Presse Audio
Le Premier ministre thaïlandais, Anutin Charnvirakul, a surpris la classe politique comme les partenaires régionaux en annonçant, vendredi 12 décembre 2025, la dissolution du Parlement, moins de trois mois après son arrivée au pouvoir. Il met ainsi un terme prématuré à une législature déjà fragilisée, alors que le pays fait face à une grave crise sécuritaire le long de sa frontière avec le Cambodge. Depuis le début de la semaine, les affrontements ont fait au moins vingt morts et provoqué la fuite de plus de 600 000 habitants, déplacés vers des tentes, des bâtiments publics ou des centres d’accueil d’urgence.
La décision du Premier ministre a été officialisée par un décret publié dans le journal officiel ‘’la Gazette royale’’, qui prévoit la tenue d’élections législatives dans un délai de quarante-cinq à soixante jours. Le journal estime que le gouvernement, désormais minoritaire et confronté à des défis multiples, n’est plus en mesure de gérer l’État « de manière continue, efficace et stable ». Anutin Charnvirakul affirme avoir préparé ce texte « dès le premier jour » de son mandat, laissant entendre qu’il anticipait déjà les secousses d’un paysage politique éclaté.
Chef du parti conservateur Bhumjaithai, connu notamment pour avoir porté la dépénalisation du cannabis en 2022, Anutin Charnvirakul avait pris la tête du gouvernement en septembre 2025 après la destitution de Paetongtarn Shinawatra, héritière du puissant clan Shinawatra. Si les analystes tablaient sur une dissolution après les fêtes de fin d’année, l’escalade des tensions avec le Cambodge semble avoir précipité sa décision. Les deux pays se disputent depuis des années plusieurs zones frontalières dont la délimitation, héritée de l’époque coloniale française, ravive régulièrement les tensions.
Les combats, qui entrent dans leur sixième jour, dépassent désormais en intensité ceux de l’été, lorsque quarante-trois personnes avaient perdu la vie. Malgré un accord de cessez-le-feu conclu fin octobre sous médiation américaine, la situation s’est brutalement aggravée après l’explosion d’une mine terrestre en territoire thaïlandais. Washington tente de reprendre la main : selon Bangkok, le président américain Donald Trump doit s’entretenir vendredi soir avec les dirigeants des deux pays pour tenter d’apaiser la crise.
Cette nouvelle flambée de violence survient dans un contexte déjà délicat pour Anutin Charnvirakul, confronté à la fois au décès, le 24 octobre, de l’ancienne reine Sirikit et à la fragilité de sa coalition gouvernementale. À Bangkok, la classe politique se prépare désormais à une campagne électorale sous haute tension, tandis que l’opinion publique oscille entre la lassitude face au conflit frontalier et l’inquiétude provoquée par une économie affaiblie par l’effondrement du tourisme et la baisse des investissements étrangers.
Dans un bref message publié jeudi soir sur Facebook, le Premier ministre thaïlandais assure vouloir « rendre le pouvoir au peuple ». En attendant le scrutin, il continuera de gérer les affaires courantes, tandis que le pays retient son souffle, pris entre incertitude politique et montée des tensions militaires.
Texte : La plume de la Bagoué
Récit : Marie-Paule N’GUESSAN



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